Wednesday, March 31, 2010

Palm Beach










Un deuxième dimanche au goût salé grâce à la météo clémente. Les transports permettent d'accéder à de nombreuses plages, au nord comme au sud, même si cela prend quelques heures. Sur les conseils avisés des collocs, partis en éclaireuses la veille et revenues rouge fluo, Palm Beach vend du rêve à tout occidental en manque de tropiques. Cela vaut le coup de forcer un peu le réveil et de lutter contre les effets secondaires d'une nuit agitée en ville... Les virages sur les hauteurs laissent entrevoir des paysages nouveaux, la côte "urbanisée" : des villas avec vue, perdues au milieu d'une végétation abondante, jusqu'aux petites habitations posées sur les berges. Les bateaux de plaisance sont aussi courants que les vélos en agglomération, je veux mon voilib' ! On débarque nauséeux sur le sable chaud de la plage, moins fréquentée que les autres, le regard perdu dans les vagues. A gauche, la presqu'île aux allures de jungle abrite un phare tandis que la falaise de droite loge quelques maisons aux propriétaires chanceux. Les palmiers relient l'ensemble et à quelques mètres derrière, un golf s'étend, toujours au bord de l'eau. Une eau transparente, étonnamment chaude, qui pousserait presque le nageur à aller aussi loin que possible, jusqu'où le requin reprend ses droits. Pour une fois ici, point de méduse ou d'animal à potentiel venimeux. Juste des tas d'algues séchées, des mouettes vengeresses et des araignées au diamètre suggestif. Voyageur innocent, plus d'un danger te guète...

Sous la plage, les tuiles

Un portefeuille qui se volatilise après un tour dans les rues. Tombé d'une poche, d'un sac à dos, ou subtilement soustrait ? Question sans réponse... Le plus dur est de s'en rendre compte deux jours après, lorsqu'il faut payer le premier loyer en cash ! Il n'y avait pas d'argent dedans, uniquement ma carte d'identité, et deux cartes bancaires, une australienne (brand new) et une française. Précipitation dans le commissariat du coin pour déclarer la perte, 5 minutes chrono pour décrire mes biens disparus, on me propose même de passer quelques coups de fil pour régler mes problèmes. Aurais-je eu droit aux mêmes attentions chez les confrères français ? Finalement je passe à la banque pour faire opposition, puis pour la France, en quelques clics sur Internet. Tout cela bien sûr, quelques heures avant de découvrir que mes deux cartes de crédit étaient glissées entre deux livres sur un bureau (précaution prise lors d'une crise de paranoïa ?). Pour se changer les idées, quoi de mieux que de postuler à de nouvelles annonces de job ? Je modifie un peu le CV, entame une nouvelle lettre de motivation... cette fois il faut rajouter une photo ! Impossible sur le Mac. Pas grave. Je passe sur un PC en transférant mes documents. Et là, surprise, rien ne sors comme sur mon écran. Tout ce que j'envoie depuis une semaine en *.rtf n'est qu'une succession de caractères difformes sur PC. Lamentations. Résignation. Demain, un jour meilleur ? Pas pour mon compagnon de route, qui voit son ordinateur rendre l'âme après une série de bugs mortels, de rayures blanches sur écran noir. "Y a-t'il un espoir de guérison ?" on interroge, l'air dépité, les différents réparateurs asiatiques. Tous leurs discours en anglais approximatif contiennent les mêmes mots clés : "graphic card", "dead" et "expensive". D'espoir il ne reste que pour le disque dur et les précieuses données - heureusement. Un environnement hostile, qu'ils disaient, certains.

Saturday, March 20, 2010

By the Sea


















Watsons Bay - Tamarama - Bronte - Cronulla - Waverley Cemetery - Coogee

Mc Lucky

Depuis notre arrivée, la seule connexion Internet, lente mais gratuite, est offerte par Mc Do. C'est une rue derrière l'auberge. Les premières fois, la culpabilité l'emporte et on consomme. Le rituel ne peut plus durer (on a tous vu "Super Size Me"). Finalement, plus besoin de manger pour squatter la connexion, d'ailleurs les autres geek ne se nourrissent pas. Un tour sur les mails, sur Facebook. Les annonces, les jobs à Sydney... finir le CV en anglais. Cet après-midi, une drôle d'assemblée est là : caméra vidéo, appareil photo, et une jeune fille chargée de dossiers. "Est-ce que quelqu'un est dérangé par la présence de notre caméra ? Nous voudrions filmer les lieux et photographier quelques personnes" Regards amusés, puis retour sur l'écran. Odeur de brûlé. Mon voisin d'en face a maintenant la caméra braquée sur son visage, puis son écran ; la caméra recule lentement, plan d'ensemble. C'est mon tour ! Rouge, difficile de rester sérieux. Ambiance rêvée dans ce Mc Do. La fine équipe repart. La jeune fille revient "Je peux vous déranger encore une minute". Elle déballe devant moi des papiers, me fait remplir un formulaire, et je signe. Ou plutôt, je donne à Ronald et ses amis le droit d'utiliser mon image (quel honneur). Pourquoi - Je demande. "Nous préparons une conférence sur l'organisation des espaces numériques dans les restaurants, ce sera diffusé aux Etat-Unis. Ce n'est pas vraiment pour de la publicité". Pour finir, je dois écrire en gros nom et prénom sur une feuille blanche, la tenir devant moi et me faire tirer le portrait. "Thank you very much". Récompense : deux big mac offerts. Deux autres personnes ont droit aux mêmes attentions. Je me souviens des pubs bidons diffusées en France sur les gens habillés comme des ploucs qui font la queue pour leur burger. Hum. I'm lovin' it.

Sydney










Here comes the sun

Depuis quelques semaines, c'est dimanche tous les jours. Mais aujourd'hui, c'est pour tous les Sydneysiders aussi. Il fait chaud, journée idéale pour découvrir quelques plages. Marre de payer les transports, il faut céder pour le pass d'une semaine train-bus-ferry - liberté ! Les costards ne sont plus dans les rues, shorts, flip-flap les ont remplacé. Après une demi-heure de trajet, voilà enfin la langue de sable la plus célèbre de la côte : Bondi Beach. Une compétition de surf est organisée, pour le plus grand bonheur des familles aussies et des surfeurs. Les forces de l'ordre contrôlent que les sacs à dos ne contiennent pas d'alcool avant d'accéder au sable. Trop de peuple. Mieux vaut s'échapper vers le sud, en direction de Bronte Beach, à l'ambiance plus posée paraît-il. On longe le bord de mer sur les allées puis sur les rochers. Effectivement, la petite baie est moins prisée pour un day of. Des jeunes filles obéissent aux ordres d'un instructeur body-buildé : des apprenties sauveteuses ! L'aspect synchro et esthétique de la démarche est aussi important que les vies qu'il faudra sauver... La mer est agitée et le club de sauveteurs a du boulot. En quelques heures, l'équipe aide un garçon brûlé par une méduse, un surfeur perdu dans les vagues (la planche solitaire a lancé l'alerte) et un body-boarder est ramené sur la rive à la demande de sa girlfriend impatiente ! A nous de tester les eaux translucides... infestées de Blue Bottles, ces jolies méduses bleues que l'ont trouve aussi sur le sable. Personne n'a l'air de les craindre... Sunday Sable, Sel et Soleil.

The Great Aussie Backpackers

Enseigne jaune fluo, le Great Aussie Backpackers se fait remarquer sur Victoria Street, connue pour ses auberges bon marché. Accueil rapide, paiement anticipé, une paire de draps et deux taies d'oreillers "Have a nice stay". A première vue, l'hygiène est "limite" (les cafards sont heureux) mais cela suffit pour satisfaire les besoins primaires : manger, se laver, dormir... Ne soyons pas exigeants dès le début, apprécions les choses simples! Et il est simple ici de faire connaissance avec la population des lieux : une poignée de main, "where are you from" et ça tchatche... John, allemand, parcoure depuis un moment l'Australie, puis s'est arrêté à Sydney, où il répare des voitures, fête sauvagement et fait chavirer le coeur des voyageuses solitaires. "Les australiens sont cool, tu bosses un peu, tu bois un verre, tu fais la conversation au client... et repose toi souvent ! Pourquoi stresser ?". Dawson, 19 ans et canadien, a terminé ses études ; depuis il se laisse porter par son Road Trip, sans trop travailler, et a atterri à Sydney sur les conseils de ses amis, dont il attend toujours des nouvelles. "Rien de plus simple que de faire le tour de l'Australie en bus, on s'arrête où on veut, quand on veut... il suffit de prendre le prochain qui passe". Une petite blonde, croisée entre deux cup of coffee, a fuit les températures négatives de sa Norvège natale et craint déjà le retour "Je suis passée de -12° à +30°". Facile de deviner l'arrivée de chacun au bronzage. Il y a ceux qui ne pensent pas encore au retour, et ceux qui comptent les jours. Le service d'immigration australien est déjà assez généreux comme ça, un an c'est un an. On a sa raison d'être là, raisonnable ou non, et l'envie commune de faire partie de quelque chose de nouveau. Vendredi soir ! Barbecue gratos ! Le gérant de l'auberge, pater familias des backpackers désoeuvrés, retourne ses steaks de kangourous sur le grill. La graisse jamais nettoyée sur ce dernier rajoute un fumet excellent. Le lendemain matin, les piles de vaisselles sont à peu près propres, et pas rangées. Le seau de peanut butter assure le petit déjeuner. Roulement pour les douches dans la cour intérieure. Les gens qui font le ménage changent souvent, et pour cause, il peut s'agir d'un occupant qui monnaye ses services contre des nuits gratuites... Système D, et ça fonctionne très bien.

Fre$h Start

Le décollage sera tardif ce lundi 8 mars à Paris CDG, après avoir vu le soleil fondre sur le tarmac. Le personnel au sol informe qu'il ne sera pas possible d'utiliser certains WC de l'avion pour la "grosse commission" et nous invite donc à "prendre nos dispositions" avant l'embarquement. C'est toujours mieux qu'une panne de moteur... Le vol de 10h sera long et laborieux jusqu'à Pékin, où l'on arrive déphasés vers 13h heure locale - neige au bord des pistes, aucun nuage. Course poursuite dans l'aéroport pour rejoindre le bon comptoir d'embarquement pour les transferts nationaux (?) ou internationaux, puis la bonne porte. L'aéroport est tellement grand qu'il faut prendre des tapis roulants, puis le train pour se rendre d'un bout à l'autre. La deuxième escale sera à Shangaï, où nous arrivons en fin d'après-midi, après 1h30 de vol. Une journée ordinaire dans le ciel de Chine. On descend de l'avion, nouveaux checking des passeports, de nos sacs. Ils ne rigolent pas avec les contrôles et nous non plus. Plus que 12h de vol pour rejoindre Sydney, 2 nouveaux plateaux repas, dont le contenu est de plus en plus douteux, et les pieds qui enflent, enflent. A quand le sommeil aérien à la Korben Dallas ? Arrivée mercredi matin sous un ciel nuageux, mais une température... tropicale ! Le cerveau à l'envers , l'excitation prend le dessus. Contrôle des passeports rapide et courtois "cheers mate", échange de devises, train pour le centre-ville, c'est parti.